Le sonneur, un amour de crapaud

Le sonneur à ventre jaune est un petit anoure (crapauds et des grenouilles) de 5 cm environ de la famille des Bombinatoridés, au corps déprimé et aux membres postérieurs courts. Il tient son nom de son chant bourdonnant et de sa face ventrale jaune.

Sa face dorsale verruqueuse à la couleur gris-brun lui permet de se fondre parfaitement dans son environnement telles que les berges de sites aquatiques pionniers ; on parle de mimétisme cryptique.

5 cm

En plus de ce moyen de défense passive, le Sonneur présente sa face ventrale jaune vive tachée de noir servant de couleurs d’avertissement. L’individu piégé va se contorsionner jusqu’à se retrouver sur le dos en position de lordose (appelé « reflexe d’Unken »). Il expose ainsi son ventre et ses membres postérieurs colorés afin de dissuader son prédateur, lui rappelant les robes vives de certaines espèces nocives (salamandre tachetés, guêpes, abeilles, etc.). On parle alors de mimétisme batésien : une espèce inoffensive imite une espèce toxique. A noté que le patron ventral de chaque individu est unique, à l’instar de nos empreintes digitales !

Autre détail caractéristique de l’espèce, il possède une pupille en forme de cœur, dite « cordiforme » qui lui vaut le nom de « Crapaud amoureux ». Certains l’appelle également le « Sonneur à pieds épais » en raison de sa palmure très développée aux pattes arrières.

C’est uniquement durant la période de reproduction qu’il est possible de sexer les individus : des callosités noires apparaissent à l’avant-bras et au pouce des mâles. Ces derniers appellent les femelles en émettant un chant (« hou – hou ») discret et régulier en se laissant flotter à la surface de l’eau.

Le Sonneur peut vivre une dizaine d’années et il acquière sa maturité sexuelle à l’âge de 2 ans.

Après avoir passé l’hiver à hiberner dans des abris terrestres (souches, terriers, etc.), les Sonneurs sortent de leur cachette et rejoignent leurs sites aquatiques de reproduction dès la mi-avril. Leur période de reproduction s’étale d’avril à août, avec un pic de mai à juin, où ils s’exposent et chantent fièrement pour attirer leur belle.

Durant cette période une femelle peut pondre entre 100 et 340 œufs. Elle pond plusieurs amas compacts allant de 2 à 30 œufs qu’elle prend soin de disperser dans l’espace (points d’eau différents) et dans le temps (plusieurs périodes de pontes) : cette stratégie permet de réduire le risque que l’ensemble de sa progéniture ne meurt dévorée ou à cause de la sécheresse. L’éclosion a lieu environ 1 semaine après la ponte et la métamorphose des têtards 1 et 4 mois après (selon la température de l’eau).

Le Sonneur est une espèce dite « pionnière », c’est-à-dire qui affectionne les milieux nouveaux ou régulièrement soumis à des perturbations naturelles (crues, éboulement, etc.) ou humaines (défrichage, déboisement, pâturage, etc.). 

Les sites aquatiques « pionniers » qu’il occupe sont souvent stagnants, peu végétalisés, d'une profondeur généralement inférieure à un mètre, bien ensoleillés, souvent temporaires : flaques d’eau, mares de chablis, fossés, berges piétinées de mares de pâtures, etc. Le Sonneur apprécie les masses d'eau temporaires pour plusieurs raisons :

  • La concurrence avec les autres amphibiens pour occuper l’espace et la nourriture y est limitée ;

  • La prédation y est également limitée ;

  • Elles se réchauffent rapidement et sont donc propices à la croissance des têtards (accélérée dans une eau chaude). 

La forêt représente son habitat terrestre privilégié, en raison de la présence de nombreux refuges (bois mort, litière végétale, mousses…). Néanmoins l’espèce reste opportuniste dans le choix de son environnement terrestre et n’hésite pas à occuper des prairies, jardins, carrières, etc. »

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